La première journée est entamée par la projection du film What a Wonderful World de Faouzi Bensaidi, suivi d’un débat animé par les deux professeurs, Rachid Naïm et Abdelaziz Amraoui, où l’échange entre étudiants et enseignants était fluctueux, vu l’intérêt qu’a suscité cette réalisation non commune à ce que le spectateur marocain à l’habitude de voir.
Faouzi Bensaidi nous a surpris par cette nouvelle manière d’aborder des sujets purement marocains, où l’amour est un axe sur lequel d’autres points sont en perpétuelles rotations. Un mélange de comique et de burlesque, attribue à cette création une allure de gaîté contaminante, qui pousse l’observateur qu’à demander davantage, et que nous conseillons tout marocain à regarder, pour pouvoir au moins constater à quel niveau notre jeune réalisateur, a pu relever parmi d’autres, le cinéma marocain.
La deuxième journée, elle, était celle où nous avons reçu nos deux honorables invités consacrés pour cette années, Faouzi Bensaidi et Malek Akhmiss, qui étaient au rendez-vous pour rencontrer tout cinéphile, intéressé par cet art influent, qui quand il est de grande qualité promeut toute nation qu’il représente.
On débute d’abord par l’intervention de Mr Amraoui, qui
remercie au nom de tous les participants, nos hôtes qui ont accepté l’invitation. Puis présenta le thème de l’édition de cette année : « Cinéma et Imaginaire », en outre de faire
connaître les deux artistes comme il se doit naturellement dans les conditions pareilles, même s’ils se passent de toute présentation.
Puis Mr Amraoui passa la parole à Mr Naïm, notre féru de cinéma et chef de file des organisateurs de cet événement. Bien sûr, d’abord des remerciements, puis dévoila son souhait de pouvoir institutionnaliser les journées cinématographiques de la faculté poly-disciplinaire de Safi, avant de commencer son analyse, qui contint plusieurs aspects ayant relation directe avec le cinéma, l’image, le sens intellectuel et l’imaginaire. Mr Naïm expliquera dans sa leçon, que le cinéma est une rencontre de trois imaginaires selon Paul Ricoeur, celui du scénariste ou metteur en scène, celui de l’acteur et celui du spectateur, et parla aussi de sa boucle mimétique. Ensuite, Mr Naïm rappela que W.W.W est une référence et encyclopédie personnelle de F. Bensaidi, dans la mesure où l’usage d’un patchwork composé du conte de Cendrillon, du cinéma indien, du film noir, du Split screen et du dessin animé, constituent sa propre vision personnalisée par toutes les choses qui ont pu influencer son œuvre, lui donnant par ce fait une richesse polysémique sans pareil. Conclusion, pour Mr Naïm, cet œuvre est considérée alors comme postmoderne, s’orientant obligatoirement vers un spectateur aussi postmoderne.
Mr Amraoui reprend la main une autre fois, pour mettre l’accent sur le jeu de citations cinématographiques, dont regorge W.W.W, ainsi que la possibilité de pouvoir déguster le film par tout un chacun, comme il lui semble, le film ouvre plusieurs perspectives et manières de l’aborder. Ensuite, présenta Mr Malek Akhmiss, en tant qu’homme de cinéma, et avant tout homme de théâtre dont la plupart des acteurs marocains sont nourris, sans oublier qu’il aussi homme de télévision. Il révéla également, que notre acteur a un goût pour la traduction des scénarios. Puis, lui passa le relais pour pouvoir s’exprimer de lui-même.
Mr Malek Akhmiss, un acteur fort sympathique par son visage tout sourire, qui vous met dès le départ dans l’aisance de pouvoir l’aborder. Parla d’abord de sa propre expérience, en tant qu’homme de théâtre qui a constitué sa base, avant de nous donner une leçon sur le scénario, et comment nous devons se comporter avec cet outils vivant, qui a chaque lecture, nous y décèlerons toujours du nouveau. Et que le choix du travail d’acteur, doit être une vocation, puisque d’après Akhmiss, la vocation est le monde, de plus qu’il faut beaucoup de travail et de sacrifice. Akhmiss nous parle des qualités que l’acteur doit obligatoirement détenir, généreux, avoir le don de contaminer le monde par cette générosité, polyvalence, spontanéité, courageux, ainsi que pouvoir sentir, imaginer, décortiquer observer et imaginer le rôle avant de le jouer, se concentrer, oser et s’oublier pendant l’interprétation, il ajoute qu’il faut aimer ce qu’on fait pour mieux donner, tout çà pour une finalité d’être crédible dans tout ce qu’on entreprend. Il compare ainsi le tournage à un rendez-vous galant.
A son tour, Bensaidi débuta par l’anecdote que Naïm ne lui a rien laissé à dire, apparemment il s’est bien préparer pour son exposé. Bensaidi révèle qu’il ne sait pas vraiment pourquoi il fait ses films, ni comment d’ailleurs. Pour lui, peut être que c’est un imaginaire qu’il n’ose même pas cerner ni décrire, il ajoute que plusieurs fois, il n’obtint quelques révélations qu’après l’achèvement du film. Il déclare qu’il est sûrement influencé par Federico Fellini et Alfred Hitchcock. Et que faire un film, peut commencer à partir de quelques notes insensées, prises inconsciemment dans des cahiers aux couleurs différentes, une logique incompréhensible qui reflète un imaginaire abyssal. Ces notes prennent forme qu’après dans une réalisation, où s’ajoute l’imaginaire de tout le corps des collaborateurs qui y a participé.
Bensaidi, notre modeste réalisateur, conclut son intervention en commentant que selon
lui, la mise en scène n’est pas tellement explicable, et qu’il préférerait le mot "director" en anglais, ou "Ikhraj" en arabe, que le mot "réalisateur", qui pour lui le sens qu’il véhicule ne remplit pas la fonction de ce métier.
Après cette riche rencontre, qui a attisé la curiosité des participants, des questions de toutes parts ont envahi nos invités, qui ont été très patients de leurs cotés pour répondre à leur public, et dans un climat d’échange et d’enchantement, cette matinée est conclue dans l’attente de se revoir l’après-midi.
Vers 14h 30min, fut la projection de Mille mois de F. Bensaidi, parallèlement à un atelier animé par M. Akhmiss, où ce dernier apprendra aux étudiants quelques techniques et recettes pour réussir l’interprétation, plus quelques procédés antidépressifs qui pourront préparer l’acteur à être en bonnes conditions pour entamer son rôle. Ce fut là une partie de plaisir, qu’aucun étudiant n’est prêt d’oublier de très tôt. Merci Faouzi Bensaidi, merci Malek Akhmiss, et merci à tout ceux qui ont contribué de loin ou de prés à la réussite de ces journées.
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