Vendredi 14 décembre 2007
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Photo : Charaf SouadSa situation géographique, l’importance des gisements de phosphate et des ressources halieutiques de cette zone, sa façade maritime qui s’étend sur plus de 150 km ont fait de Safi, depuis plusieurs décennies, un pole économique important du Maroc. Actuellement le front de mer de la ville de Safi connaît des désordres dus à l’agressivité du milieu marin sur sa partie sud, et à la formation géologique du terrain sur sa partie nord. Des dégradations importantes ont été subites par la falaise de Jorf Ammouni, qui ressemblerait dans son état actuel à un morceau de gruyère. Les ouvrages mitoyens tels que notre monument le château de mer, ainsi que le chemin de fer liant le complexe chimique au port de la ville, sont potentiellement menacés, d’abord par l’instabilité du terrain sur lequel ils se trouvent, de plus des vibrations que peut provoquer le passage du train qui juxtapose le château, et qui ne peut qu’accentuer le problème.
Le petit passage sous terrain existant à gauche du rocher,est celui du train reliant le port du à l’O.C.P. photo fournit
par le cabinet d’ingénierie de développement.
Dans ce but, quelques études ont été élaborées pour mieux cerner la situation, et donner un bilan exhaustif de la situation afin que les autorités responsables puissent se mobiliser en bonne connaissance de cause. L’étude consiste en sa première phase à une vérification de l’état actuel de la falaise, recueil des données de base, diagnostic et étude préliminaire des solutions de confortement. L’inspection visuelle des tronçons de la falaise nord de Safi a été faite par un groupe d’experts pendant plusieurs visites techniques. A part la reconnaissance des formations géologiques présentes dans cette falaise, qui se constituent principalement de trois types de lithologie : des calcaires à résistance faible, des marnes jaunâtres qui sont considérées comme une roche sédimentaire argileuse très plastique et des marnes grisâtres de composition argileuse peu plastique à très plastique, conclusion : ce sont des roches très malléables. On a pu détecter des zones de risque majeur principalement pour les constructions sur la crête de la falaise. La possibilité de chutes ou d’écroulements de blocs calcaires est fort probable. L’existence de nombreux blocs calcaires dispersés dans toute la falaise confirme ce risque.
Photo prise lors d'une étude effectuée par le C.D.IOn peut constater du côté mer, l'état déplorable château.
En ce qui concerne la couche d’argile, des possibilités de glissements du terrain sont à prendre en considération, bien qu’il n’y ait pas des risques apparents. On constate également que les glissements peuvent provoquer la chute de blocs calcaires de la couche supérieure, par manque d’appui. Sur certaines zones de la falaise nord on a pu voir des résurgences d’eau, qui est un mauvais signe, dans le contact entre les calcaires supérieurs et les argiles, qui sont dues à la nature imperméable de cette formation. Ces zones sont facilement repérables en raison de la présence de végétation dans leurs voisinages. L’inspection visuelle par voie terrestre de la falaise sud, montre une formation géologique de grès calcairinites en évolution rapide à l’échelle géologique. Les blocs récents au pied de la falaise et l’existence de fissures au niveau de la crête de la falaise, montrent qu’il y a des risques d’effondrement pour les constructions situées à proximité. Ces risques ont été déjà constatés par les autorités de Safi qui ont condamné quelques accès à la crête de la falaise et ont évacué quelques habitations avoisinantes.
Fissure en état très avancé, photo prise par le C.D.IParmi les désordres constatés dans la zone de la falaise sud, on peut citer les grottes existantes dessous de la zone riveraine de la ville de Safi. Certaines de ces grottes ont été localisées et ont subi des interventions dans l’objectif d’assurer la pérennité des ouvrages avoisinants, chemin de fer et pipeline, et bien sûr l’un des ouvrages importants qui encourt un grand risque est le château de mer, en particulier sur sa partie inférieur côté mer. Quelques interventions de renforcement ont été déjà prises au niveau de sa fondation, mais hélas cela s’avère insuffisant.
Processus de régression de la falaise, entraînant la chute des blocs comme on peut le constater dans la photo d’au-dessus.
C.D.I
La partie sud de la falaise est la plus critique, d’une part par la présence des plus importantes des grottes, qui sont recensées au nombre total de 46, et d’autre part par l’existence de failles dangereuses qui sont de nombre de 12. A part le colmatage de quelque trois grottes, la régression de ce tronçon ne peut être arrêtée en se limitant à ce petit chiffre de 3 par rapport au 46 existantes. Donc, vu le danger potentiel, il serait judicieux de prévoir un plan d’interventions urgentes. D’essayer de procéder par les zones prioritaires. Des solutions ont été proposées par l’étude effectuée, cependant cette dernière est réalisée depuis huit ans déjà, mais aucune mesure sérieuse n’a encore vu le jour par les parties responsables, à l’exception de quelques médiocres opérations. Parmi ces solutions, nous citerons l’éventuelle création de plages artificielles, qui a donné un très bon résultat, comme l’exemple des régions portugaises Espinho et Valedelobo. Néanmoins, ce procédé ne suffira pas pour le cas de Safi, sans doute il arrêtera l’effet néfaste de la houle sur le pied de la falaise, mais sa consolidation est indispensable pour le château de mer qui la surplombe. Cette consolidation consiste en un colmatage des grottes par de la pierre et du mortier, pour éviter les ruptures de leurs toits, par le comblement des fissures, ainsi que la consolidation du pied de la falaise par du béton injecté. La perturbation du déferlement de la houle provoquera par conséquence la perte de son énergie. Ces solutions s’avèrent sans doute coûteuses, mais l’enjeu est de taille, le passage à l’action est nécessairement obligatoire, les années passent et notre beau château se lasse d’attendre, pourvu qu’une mesure sérieuse sera prise, avant qu’il ne soit trop tard.
Une des grottes importantes situées au pied de la falaise de Jorf Ammouni.
Photo: Charaf Souad
Par Souad Charaf
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Publié dans : Atelier d'écriture
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(La nuit, dans mon rêve... Une voix m’appelle)
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