Lundi 8 octobre 2007
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17:24
Au fond du couloir gris, la porte s’ouvra, laissant fuir quelques recommandations mélangées par le son aigu du téléphone. Khadija, la secrétaire, se précipita dans son bureau pour chercher des documents.
A son retour, monsieur était toujours occupé par son combiné, yeux figés sur son ordinateur.
L’atmosphère fraîche et climatisée de l’endroit rendait l’attente de Khadija plus ou moins confortable; malgré le soleil chaud et éblouissant qui transperçait crûment les grandes vitres fumées.
Le style contemporain de décoration qui régnait, regorgeait de lignes parallèles et d’angles à quatre-vingt-dix degré. Le gris était dominant, accentué par une brillance d’aluminium qui bornait les fenêtres.
La seule couleur où l’œil pouvait se reposer et faire escale de cette teinte, était le rouge de sa cravate, ainsi que quelques reflets s’échappant de ses lunettes invisibles.
Par Souad Charaf
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Mercredi 10 octobre 2007
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02:48
En ces soirées d’été torride, j’appréciais la brise fraîche qui caressait la corniche. Je m’y rendais souvent que j’ai pu, m’échappant au sort de ceux qui ont cédé aux encombrements intenses de la ville. Tout près de moi ; un autre adepte de ce rituel relaxant ; un homme qui marchait toujours à mes cotés, au point qu’on commença à échanger le « salut », on dirait que c’est les prémisses d’une création d’un club de marcheurs.
Puis un jour, au bord de la route, se tenait une jeune fille séduisante et élancée. L’homme qui marchait avait le regard accroché à cette demoiselle ; on dirait qu’il était épris par cette grâce. Une mauvaise et douteuse impression m’est passée par l’esprit, moi qui croyais qu’il faisait partie du club des marcheurs. Soudainement, et d’une main agile, il la tira vers lui. Sans hésiter ; la jeune fille lui balança une bonne gifle. Alors là, bien fait pour lui… Notre demoiselle combine très bien grâce et personnalité.
Quand la fille s’est précipitée sur la route ; une voiture roulant à grande vitesse a failli la heurter, d’ailleurs un bout l’a frôlé ; lui faisant perdre presque l’équilibre, si elle n’avait pas su se retenir. C’est là que tout le monde avait compris la vraie intention du fameux marcheur. C’est grâce à ces deux secondes de retard, ceux de la gifle, qui ont épargné à notre beauté la tragédie.
De quoi dire qu’il ne faut jamais précipiter les interprétations. La jeune fille fait demi tour, avec le sourire, tend la main à son sauveur, cette même main qui vient de le gifler, certainement un esprit sain est dans un corps sain, la moindre des choses, c’était de s’excuser de ses préjugés.
Par Souad Charaf
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Mercredi 17 octobre 2007
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13:55
(La nuit, dans mon rêve... Une voix m’appelle)
Moi : vous m’appelez ?
Lui : oui.
Moi : je vous connais ?
Lui : plus que vous ne le croyez ?
Moi : (après un moment) vous…vous êtes le masque doré de Ramsses…et vous me parlez dans mon rêve.
Lui : je suis son esprit.
Moi : et que me vaut cet honneur ?
Lui : cela fait un bail que je voulais vous contacter.
Moi : et qu’est ce qui vous a décidé enfin ?
Lui : je n’ai pas pu le faire auparavant ; puisque je vis très loin, en Amérique, ce n’est que maintenant que la tâche m’est devenue facile grâce aux satellites.
Moi : (stupéfait) en Amérique ?! Là où tu vis ?
Lui : (en colère) pas la peine de crier en répétant mes paroles…comme le font vos chanteurs d’aujourd’hui.
Moi : vous ne voulez pas que je crie, alors que vous êtes en train de me dire que vous vivez en Amérique.
Lui : oui, et pourquoi pas ; mon âme préfère vivre en Amérique, avec celles des pères et des grands-pères aussi.
Moi : et celles des pères et des grands-pères aussi !!
Lui : (calmement après un silence) écoutez-moi …je suis venu pour discuter avec vous d’un sujet qui me tiens à cœur …alors soyez attentif.
Moi : je suis tout ouïe.
Lui : nos âmes… celles de vos ancêtres…depuis le temps…avaient toujours continué de vivre parmi vous…elles vous aidaient…vous encourageaient mais désormais elles ne le sont plus ; à cause de vous, elles vous ont quitté… toutes les bonnes âmes se sont enfuies de chez vous…il ne reste plus que les mauvaises.
Moi : et qu’est ce que nous devrions faire pour que vous reveniez.
Lui : l’innovation, l’imagination, le renouveau, éviter la répétition et la lenteur dans vos chansons et vos séries télévisées qui vous rendent mous et insouciants, et nuisent aux capacités que Dieu a placé dans le cerveau humain ; ce qui l’inhibe et l’empêche de suivre l’évolution du monde.
Moi : mais tout cela concerne l’être vivant…et non pas les morts et leurs esprits.
Lui : mais la chose la plus importante en l’Homme, n’est ce pas son âme ? Et puis ces choses là, agissent à ce niveau !!
Moi : tu veux dire que cet Art lent et monotone vous influe ?
Lui : pire encore ; il me ronge, il me tue de nouveau ; c’est pour cette raison que je suis parti, là où l’âme est pleine de vie, où les gens agissent au rythme rapide et vivant de leur Art, un Art qui émet des fréquences fortes qui touchent mon âme…rappelle-toi de çà et répète-le partout…
Moi : je partage entièrement votre opinion, mais vous croyez que je n’ai jamais protester pour véhiculer un message pareil…oh !que si…mais cela n’a jamais rien changer !
Lui : vous savez, les pyramides qu’ont pu laisser les pharaons, ne sont pas les premières à être construites, elles étaient démolies puis reconstruites à nouveau, ils ont persisté pour ce faire…ne baissez jamais les bras…ne baissez jamais les bras… (En ce moment, la voix de Ramsses commença à s’estomper au profit du son du réveil qui prenait du terrain, par une cadence de plus en plus rapide et forte)
Par Souad Charaf
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